Article publié le mardi 6 octobre 2026 dans la catégorie business.
En Suisse, la répartition financière lors d’une séparation ne consiste pas à partager automatiquement tout ce que les époux possèdent. Elle dépend d’abord du régime matrimonial, de l’origine des avoirs et des dettes, ainsi que de la situation du logement et de la prévoyance.
La liquidation du régime matrimonial précède le partage successoral éventuel et reste distincte des questions de contribution d’entretien. Des documents complets permettent d’établir une solution équitable et conforme au droit.
Identifier le régime matrimonial applicable au couple
À défaut de contrat de mariage, les époux sont soumis au régime ordinaire de la
participation aux acquêts. Chacun conserve ses biens propres, tandis que les acquêts réalisés durant l’union sont déterminés et, en principe, partagés par moitié après déduction des dettes.
Un contrat de mariage peut prévoir la séparation de biens ou, plus rarement, la communauté de biens. Sous le régime de la séparation de biens, chaque époux reste titulaire de ses avoirs et répond en principe de ses propres dettes. La communauté de biens obéit à des règles spécifiques prévues par le contrat.
| Régime | Principe au moment de la dissolution |
| Participation aux acquêts | Partage de la valeur nette des acquêts de chacun. |
| Séparation de biens | Chaque époux conserve ses avoirs, sous réserve des créances existantes. |
| Communauté de biens | Répartition selon le contrat de mariage et les règles de la communauté. |
Distinguer les biens propres des acquêts
Les biens propres comprennent notamment les avoirs détenus avant le mariage, les héritages, les donations et les objets d’usage strictement personnel. Les biens acquis en remplacement d’un bien propre conservent généralement cette qualification.
Les acquêts regroupent principalement les revenus du travail, les prestations d’assurances sociales, les revenus des biens propres et l’épargne constituée pendant le mariage.
L’origine des fonds est déterminante, en particulier pour un compte bancaire, un portefeuille de titres ou un bien immobilier.
Lorsqu’un époux a investi des fonds propres dans un bien appartenant à l’autre ou financé avec des acquêts, une créance peut devoir être calculée. Les relevés bancaires, contrats d’achat, actes de donation et documents hypothécaires sont donc essentiels. En cas de doute sur la provenance d’un actif, son classement doit être examiné avec soin.
Liquider le régime matrimonial et répartir les avoirs
La liquidation commence par l’inventaire des actifs et des dettes de chaque époux. Les biens propres sont repris par leur titulaire. Les acquêts sont ensuite évalués, en tenant compte des dettes et des éventuelles créances entre les masses patrimoniales.
Chaque époux participe en principe pour moitié au bénéfice net de l’autre.
Un partage égal ne signifie pas que chaque objet est coupé en deux : l’un peut conserver un actif, tel qu’un véhicule ou une entreprise, en compensant financièrement l’autre. Un accord est possible, mais il doit reposer sur une information patrimoniale complète et une évaluation réaliste des biens.
Traiter le logement familial, les dettes et les avoirs de prévoyance
Le logement familial exige une analyse distincte : propriété, bail, capacité de financement et intérêt des enfants peuvent influencer son attribution. La propriété d’un immeuble ne règle pas, à elle seule, la question de son occupation. Une hypothèque demeure également un engagement envers la banque tant qu’elle n’est pas reprise ou refinancée.
Les prestations de sortie du deuxième pilier accumulées durant le mariage sont en principe partagées. Les avoirs de prévoyance individuelle, notamment du pilier 3a, doivent aussi être qualifiés selon leur financement.
La prévoyance et les dettes ne doivent pas être négligées dans une convention de divorce. Pour vérifier les droits en présence et sécuriser un accord, l’accompagnement d’un
avocat en divorce à Lausanne permet d’examiner la situation dans son ensemble.
Sécuriser les décisions financières
La dissolution du mariage exige de distinguer précisément ce qui relève de chaque époux, ce qui a été constitué durant l’union et les engagements restant à assumer. Le résultat dépend autant du régime matrimonial que des preuves disponibles, de la valeur des actifs et de la prévoyance.
Une vision complète de la situation évite que certains droits ou certaines dettes soient écartés lors des discussions. Avant d’accepter une convention, il est essentiel de vérifier les documents financiers, les conséquences du maintien du logement et la cohérence des compensations envisagées. Lorsque la situation comporte un bien immobilier, une activité indépendante ou des avoirs importants,
un examen juridique individualisé aide à parvenir à un accord clair et durable.
Questions courantes
Peut-on vendre le logement familial pendant la procédure de divorce ?
La vente ne peut pas être décidée librement si elle prive l’autre époux du logement familial. Même lorsque le bien appartient à un seul époux, le consentement de l’autre peut être nécessaire. En cas de désaccord, le juge peut intervenir pour régler l’occupation du logement ou autoriser certains actes.
Il est prudent de ne signer aucun compromis de vente sans analyse préalable.
Que faire si l’un des époux dissimule des comptes ou des revenus ?
Il faut demander une transparence financière complète avant de conclure un accord. Relevés bancaires, déclarations fiscales, fiches de salaire, documents relatifs aux sociétés et contrats de crédit peuvent permettre de reconstituer la situation. Durant la procédure, les époux ont un devoir de renseignement sur leurs ressources et leurs avoirs.
Une convention fondée sur des informations incomplètes peut être contestée.
Les époux peuvent-ils convenir d’un partage différent de celui prévu par leur régime matrimonial ?
Oui, un accord peut prévoir une répartition adaptée à leur situation, par exemple lorsqu’un époux conserve un bien immobilier ou reprend une activité indépendante. Cet accord doit toutefois être librement consenti, compréhensible et compatible avec les intérêts à protéger. Dans un divorce, la convention est soumise au contrôle du tribunal.
Chaque concession doit être évaluée à la lumière de ses conséquences financières.
Comment est prise en compte une entreprise détenue par l’un des époux ?
L’entreprise n’est pas automatiquement partagée ni transférée à l’autre époux. Sa valeur, son financement, les revenus qu’elle génère et la provenance des fonds investis doivent être examinés. Une évaluation peut être nécessaire, notamment si l’activité a pris de la valeur pendant le mariage.
La continuité de l’entreprise peut être préservée par une compensation financière.